LES DÉCHETS INERTES – UNE LONGUE HISTOIRE QUE NOUS AVONS TOUJOURS SU GÉRER

Par le passé, on trouvait de petites décharges sauvages éparses sur le Pays Toy. Le territoire ne faisait pas exception ; il en était ainsi partout en France. Afin d’éviter cet écueil et permettre aux communes et aux entreprises de disposer d’un site dédié, Claude MASSOURE a réussi à négocier un terrain auprès de Dominique NOGUE à Viella. La décharge a vécu avec son temps et s’est adaptée à la prise de conscience environnementale. Après les années 2000 elle est devenue progressivement une décharge de gravats ; les autres déchets ayant désormais des filières spécialisées. Le site n’était pas vraiment licite car il ne bénéficiait en 2011 que d’un arrêté municipal de la commune de Viella et d’un accord oral avec le propriétaire. En mai 2012, la communauté de communes du Pays Toy, alors présidée par Jean-Marie DUPONT, récupérant la compétence du SIRTOM du Pays Toy, s’est engagée à régulariser le site : une convention-bail a été établie avec le propriétaire, Dominique NOGUE, un dossier de demande d’autorisation d’exploiter (DDAE) a été rédigé par les services, et un arrêté préfectoral a été obtenu pour cette Installation de stockage de déchets inertes (ISDI). Au vu des contraintes de remise en état du site, établies en concertation avec le propriétaire et les services de l’Etat, la capacité restante du site a été alors estimée à 11.400 m3. En 2011, l’apport avait été d’environ 8.000 m3. Dès lors, nous savions que le site de Viella serait plein sous 2 à 3 ans. Nous le savions déjà depuis quelques années, mais désormais l’échéance était palpable.

LE SITE DE CHEZE – L’ALTERNATIVE A VIELLA
Où trouver un second site sur le territoire ? La CCPT avait acquis un terrain à Chèze, loin de toute habitation et à proximité immédiate de la départementale.  Du fait de la présence d’une grange, l’acquisition s’est élevée à 65.000 €. Utiliser ce site paraissait la solution la plus intelligente. En janvier 2013, les études géotechniques ont été lancées (bureau d’études CETRA) ainsi que les études de faisabilité (bureau d’études SAFEGE). Deux premiers scénarios ont été présentés en CCPT, mais ils ont été jugés insatisfaisants. En parallèle, les études environnementales ont été menées à leur terme : étude Loi sur l’Eau et étude d’impact comprenant une étude d’incidence Natura 2000. La CCPT a donc travaillé sur un troisième scénario d’aménagement du site qui a été validé sur le principe début juin 2013. L’avantage de ce dernier scénario était qu’il était couplé à un autre dossier d’importance : la sécurisation (rectification) des deux virages dangereux de la mine de Chèze. Après une année de concertation avec la DDT65, nous étions arrivés à un accord, notamment parce que le CG65 disposait d’une ligne de crédit pour mener l’opération. La CCPT s’était engagée à donner sa réponse officielle au 30 juin 2013. Suite aux crues du 23 juin, le projet a été mis en stand-by, bien que le terrain n’ait pas été impacté par ces crues exceptionnelles. Pour autant, tout était déjà étudié et prêt à être lancé. Le site de Viella devait servir encore un temps sous forme d’une plateforme de recyclage des matériaux inertes afin d’en diminuer le volume à stocker. Ceci rallongeait d’autant plus la durée d’exploitation sur Chèze qui était estimée à minima à 60 ans. Le montant investi, rapporté à ces 60 ans, était tout à fait supportable pour la collectivité. Le projet répondait surtout à un besoin de service public.

Après avoir eu à gérer l’urgence des crues et les premiers travaux de reconstruction, le dossier a été réactivé début 2014 au sein des services de la CCPT. Le 30 mars 2014, suite aux élections municipales et au changement d’équipe dirigeante, le projet a été dogmatiquement abandonné. Une des premières décisions du tout nouveau président ! Aucun autre terrain n’a été recherché. Aucune étude supplémentaire n’a depuis été menée sur le site de Chèze, pourtant propriété de la CCPT. Adieu aussi l’opportunité de sécuriser les virages de la mine de Chèze…

Début janvier 2017, la CCPVG a vu le jour en reprenant les compétences de la CCPT. Le dossier ayant été mis aux oubliettes par la CCPT, rien d’étonnant à ce que la CCPVG ne l’ait pas réactivé (en a- t-elle eu même connaissance ?). Pour autant, son Vice-président en charge des déchets, et donc des déchets inertes et de leurs sites de stockage, devait bien être au courant de la situation de saturation à Viella, puisqu’il s’agit d’un élu du Pays Toy, M. Grandsimon ! Rien, le vide sidéral sur le sujet de 2014 à 2017 en tant que Président de la CCPT ! Idem de 2017 à aujourd’hui en tant que Vice-président de la CCPVG en charge de cette compétence !!

Les crues ayant donné un sursis au site de Viella, par une baisse temporaire des apports, la situation n’allait toutefois pas s’éterniser. Le 14 octobre 2019 dernier, sans anticipation aucune, les services de la CCPVG annoncent que le site de Viella est arrivé à sa pleine capacité et que le Président est contraint de le fermer… le 16 octobre 2019 ! Les communes et les entreprises sont invitées à apporter leurs gravats jusqu’à Boô-Silhen ! Mesure temporaire dont on n’oublie sciemment de nous avouer le délai. Il faudra bien faire quelques études et avoir les autorisations nécessaires. 5 ans de perdus d’un côté, et deux jours seulement donnés aux entreprises pour se retourner et se réorganiser… Bravo depuis 2014 rien n’a été fait pour maintenir ce service public ! Qui a décidé d’arrêter toute étude d’exploitation du site de Chèze ou de tout autre site alternatif, qui avait la charge de maintenir un site de stockage sur le Pays Toy. Maintenant il va falloir éviter que des dépôts sauvages fleurissent un peu partout, nous voici de retour aux années 1980 ! Nous savons, nous, qui sera tenu pour responsable des tas d’immondices que nous allons malheureusement revoir un peu partout. Sur qui va-t-il rejeter la faute cette fois-ci ?

LUZ au Cœur.

Une réponse à “LES DÉCHETS INERTES – UNE LONGUE HISTOIRE QUE NOUS AVONS TOUJOURS SU GÉRER”

  1. C’est le grand nettoyage du territoire par le vide et la non-décision.
    Présenté comme une « épée », nous nous retrouvons avec un petit couteau sans manche auquel il manque une lame…….

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